Un drone bi-batterie pensé pour la redondance

A2Z Drone Delivery a officialisé le 31 août 2026, depuis Torrance en Californie, le lancement du Longtail Dual, un aéronef multi-missions destiné aux opérations hors vue (BVLOS) en environnement urbain. Le positionnement est clair : proposer une plateforme de livraison autonome capable d'enchaîner les missions denses en ville tout en intégrant des mécanismes de sécurité matériels.

La signature technique du Longtail Dual tient dans son nom : il emporte deux batteries avec une redondance dite « vraie ». Concrètement, l'appareil conserve le contrôle complet de son vol sur une seule batterie en cas de défaillance de l'autre. Il ne s'agit donc pas d'un simple doublement de l'énergie embarquée, mais d'une architecture électrique capable d'absorber une panne sans compromettre la poursuite ou la terminaison sécurisée de la mission.

Sous le plafond des 25 kg

Autre point structurant : le Longtail Dual reste sous le plafond commercial de 55 livres, soit 25 kg. Ce seuil n'est pas anodin pour les exploitants. En Europe, la catégorie ouverte et surtout la catégorie spécifique de l'EASA encadrent sévèrement les aéronefs dépassant certaines masses. Rester sous 25 kg facilite l'insertion du drone dans des scénarios standards du SORA ou dans des autorisations opérationnelles déjà délivrées, là où un appareil plus lourd imposerait un dossier plus lourd aussi.

Pour un exploitant français visant des missions BVLOS urbaines — livraison de dernier kilomètre, transport de colis entre sites, logistique intra-urbaine — ce positionnement masse/charge utile constitue un argument de sélection sérieux lors de l'élaboration d'une flotte.

Un ratio vol-recharge de un pour un

Le Longtail Dual a également été conçu pour les infrastructures de recharge d'A2Z, les AirDocks. Le constructeur annonce un ratio vol-recharge de un pour un : le temps nécessaire pour recharger l'appareil correspond au temps de vol effectif réalisé. Autrement dit, pour chaque heure de mission accomplie, il faut compter une heure de recharge en station.

Cette donnée est décisive pour le dimensionnement opérationnel. Un ratio 1:1 signifie qu'une flotte n'est pas obligée de multiplier les plateformes par trois ou quatre pour maintenir une disponibilité continue : deux appareils suffisent en théorie pour assurer une rotation quasi ininterrompue, l'un en vol pendant que l'autre recharge sur son AirDock. Pour les exploitants qui calculent leur coût au colis ou à la mission, ce paramètre influence directement la rentabilité, le nombre de docks à déployer et la taille de la flotte à financer.

Le BVLOS urbain, un marché qui se structure

En visant explicitement les missions BVLOS urbaines, A2Z s'attaque au segment le plus exigeant du transport aérien par drone : la navigation hors vue au-dessus des zones densément peuplées. Ce type d'opération exige des démonstrations de robustesse technique — dont la redondance électrique fait partie — ainsi que des garanties de sûreté pour les autorités.

Pour les télépilotes et exploitants français, l'arrivée de plateformes intégrant nativement la redondance batterie élargit le catalogue d'équipements mobilisables dans un dossier de demande d'autorisation. La redondance est l'un des moyens de maîtrise des risques les plus cités dans les analyses SORA : disposer d'un aéronef qui l'implémente matériellement peut alléger la charge de démonstration côté opérateur.

Ce que cela change pour les professionnels

Trois enseignements pratiques ressortent de ce lancement pour un exploitant européen :

  • La redondance devient un standard attendu. Un constructeur qui communique sur le maintien du contrôle complet sur une seule batterie fixe un critère que les acheteurs pourront légitimement exiger d'autres fournisseurs lors de leurs appels d'offres ou consultations.
  • Le calcul de disponibilité se fait dès l'achat. Le ratio vol-recharge de 1:1 doit être intégré dans les modèles économiques : il conditionne le nombre de docks, le nombre d'appareils et le taux d'utilisation réel de la flotte.
  • La masse reste un critère de filtrage. En restant sous 25 kg, le Longtail Dual s'inscrit dans une enveloppe réglementaire plus accessible pour des opérateurs qui ne disposent pas d'un département dédié aux autorisations complexes.

Une offre à surveiller côté exploitants

Le lancement du Longtail Dual illustre la maturité croissante du segment de la livraison par drone : les constructeurs ne se contentent plus d'empiler de l'autonomie, ils conçoivent des systèmes articulés autour des contraintes opérationnelles — redondance, infrastructure de recharge, masse réglementaire.

Pour les exploitants français qui préparent des projets BVLOS, que ce soit en logistique urbaine, en transport médical ou en liaison entre sites industriels, cette plateforme mérite d'être placée sur la liste courte des candidats matériels, à évaluer au regard des exigences propres de leur dossier opérationnel et des autorisations visées.

Le Conseil Alti360

L'évaluation d'une nouvelle plateforme comme le Longtail Dual doit s'inscrire dans une gestion de flotte rigoureuse : suivi des heures de vol, entretien des batteries et traçabilité des recharges sur vos stations. Gardez un œil sur l'échéance de vos attestations et l'entretien de vos drones grâce au suivi de flotte Alti360.

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