Une industrie américaine à l'arrêt face à la FCC

Présentée le 1er septembre 2026 en ouverture du Commercial UAV Expo, au Caesars Forum de Las Vegas, l'enquête menée par Commercial UAV News et Pilot Institute auprès de 885 professionnels du drone dresse un constat net : 45,8 % des exploitants répondent à la décision de la FCC d'inscrire certains constructeurs sur sa Covered List par une stratégie d'attente. Matt Collins, content manager de Commercial UAV News, a détaillé les résultats lors du keynote de 12h30. Seuls 13,8 % ont commencé à migrer vers du matériel conforme NDAA, et 8,6 % disposent d'un plan à deux ans.

Des flottes massivement équipées en matériel étranger

Près des deux tiers des répondants (62,8 %) déclarent que 76 % à 100 % de leur flotte active est composée de matériel DJI ou d'autres constructeurs étrangers. À l'opposé, 13,1 % volent avec une flotte entièrement nationale. Le milieu de la distribution est squelettique : 6,7 % entre 1 % et 25 % de matériel étranger, 6,5 % entre 26 % et 50 %. Cette distribution en « tout ou rien » montre que la transition supposée par la Covered List ne s'est pas faite progressivement. Une enquête de l'Associated Builders and Contractors menée en mai aboutit au même constat : DJI reste le drone principal pour 97,1 % de ses membres utilisateurs, plus de quatre mois après la désignation de décembre.

Le coût, premier verrou du changement

Pour 46,5 % des répondants, le principal obstacle à la sortie du matériel étranger est le coût des alternatives, loin devant les lacunes en capacités (24,1 %). Suivent l'absence d'obstacle (8,8 %), la disponibilité et l'incertitude réglementaire (7,1 % chacune), la perturbation des flux de travail (3,9 %) et le verrouillage logiciel (2,6 %). En cumulant les deux premiers motifs, plus de 70 % du secteur décrit un problème de produit plutôt que de politique publique : le remplacement coûte trop cher ou ne sait pas faire le travail. Des exploitants présents sur les panneaux du matin ont décrit des files de réparation passées de quelques jours à trois mois. Matt Collins a qualifié le sujet de « conversation la plus importante de cette industrie en ce moment ».

Un signal commercial qui n'arrive pas

Seuls 7,1 % des répondants indiquent que la plupart ou la totalité de leurs clients exigent des plateformes conformes NDAA. Un tiers (33,8 %) déclare que le sujet n'a jamais été abordé, 20 % s'attendent à la question sans l'avoir reçue, 16,6 % ont quelques clients qui la posent. Un exploitant dont les clients n'ont jamais mentionné la Covered List n'a aucune raison commerciale d'investir avant l'entrée en vigueur d'une règle.

Part 108 : quatre organisations sur dix sans préparation

Sur la future règle BVLOS de la FAA, 43 % des organisations n'ont pas commencé à se préparer, 21,5 % se disent quelque peu préparées, 14,3 % craignent de ne pas pouvoir se conformer et 3,5 % se jugent très préparés. À la question du sens du Part 108, 39,9 % répondent « neutre ou peu clair », la réponse la plus fréquente du panel. Le texte final, attendu en février 2026 en vertu d'un décret présidentiel, n'est jamais paru.

Une croissance captée par les plus grands

En 2025, 28,7 % des entreprises déclarent un chiffre d'affaires ou un volume de contrats supérieur à 2024. Mais 70,6 % des entreprises de 50 salariés et plus affichent une croissance, contre 45,4 % des structures intermédiaires, 30,5 % des petites entreprises et 20,9 % des indépendants. Or l'échantillon est composé à 56,6 % de solo et indépendants et à 22,8 % d'entreprises de 2 à 10 personnes : il surreprésente ceux qui ont le moins de marge pour renouveler une flotte. L'optimisme demeure : 68,5 % se déclarent prudemment ou très optimistes à deux ans, contre 15,3 % de pessimistes.

Deux échéances immédiates

Les commentaires au dossier PS 26-189 de la FCC se clôturent le mercredi 2 septembre, et les droits de douane Section 232 sur les drones et composants importés entrent en vigueur le jeudi 3 septembre, jour de clôture de l'expo. Le rapport complet sera publié plus tard dans l'année.

Ce que cela change pour les professionnels français

Si vous visez des contrats aux États-Unis ou avec des donneurs d'ordre américains, la conformité NDAA devient un critère à anticiper dès le devis et la composition de votre flotte. Les tarifs Section 232 entrés en vigueur le 3 septembre justifient une veille sur les prix d'achat, l'enquête montrant que le coût est déjà le premier obstacle côté américain. Enfin, la dépendance majoritaire aux constructeurs étrangers documentée ici invite à renforcer la traçabilité de votre matériel et de vos réparations face à tout durcissement réglementaire équivalent.

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